Il faisait nuit sur Arakas. Une voix se répercutait dans les montagnes. Je sursautais en entendant ce cri lugubre !
- Par Brehan ! Qu'est-ce-là ? Si c'est un loup venu pour me dévorer, je...
Le silence retombait à nouveau sous les étoiles. Je regardais aux alentour et je remarquais un homme...
- Et bien, Herik ! Te voilà bien loin de ta terre natale. Où comptes-tu aller ?
- Je l'ignore mais si tu es venu pour essayer de me...
- Fou ! Me prends-tu vraiment pour... J'ai des soucis plus graves qui m'assaillent. Ne pressens-tu pas ? Ne sens-tu pas l'odeur du sang dans le vent ? La puanteur du massacre et les hurlements de la mort ne parviennent-ils pas jusquà toi ? La guerre rode ici sur Arakas.
- Comment sais-tu tout cela ? Qui es-tu, toi, qui brandis une lame étincelante quoique ébréchée ? Dis-le-moi, sinon...
- Quoi ? Tu oses me menacer ? Lève les yeux au-dessus de ta tête, garçon, et sache à qui tu parles !
Je ne pouvais pas retenir un cri, car des nuages se rassemblaient et à la faveur d'une rafale de vent surgissaient des formes étranges comme dans un cauchemar. Je regardais les douze chevaux pourvus d'ailes et leurs cavalières qui portaient de voiles argentés, leurs cheveux d'or flottant derrière elles et les yeux froids fixés sur quelque objet effroyable qu'ils ne voyaient pas.
- LES ECUYÈRES DU MASSACRE ! Car voici venu le temps où les chefs seront tués et abattu par la faux de la mort. Chaque être porte en soi l'instant de sa mort et les chefs doivent mourir eux aussi ! Tu ne comprends que peu de chose à ce que tu as vu et entendu, Herik, mais tu assisteras bientôt à la fin des chefs et pas seulement des chefs. Maintenant va-t'en, car des ombres gigantesques et sanglantes vont sétendre à tel point... et la nuit est longue.
Jobéissais mais un ultime regard en arrière me montrait létranger qui se détachait sur le ciel chargé de sombre nuées, son manteau flottant dans le vent. J'avais alors l'impression que la stature de l'homme s'était accrue et qu'il brillait d'un éclat grisâtre au milieu des nuages noirs.
La brise estivale avait disparu. Un cavalier solitaire s'avançait dans le silence nocturne. Peut-être pensait-il au gigantesque camp militaire proche, dont les vingt mille guerriers noircissaient la forêt. Peut-être songeait-il au combat imminent, à l'agonie de milliers de soldats en sursis et peut-être un frisson de peur le parcourait-il.
Herik : - Holà ! Arrête ta monture pour que je puise monter.
Dunlang : - Hein ! Qui es-tu ? Tu n'as pas répondu à ma question, ami.
- Je m'appelle Herik. Il faut que tu me prennes sur ton cheval.
Le cavalier me laissait monter en arrière de lui et me racontait ce qui se passait actuellement.
- Par Brehan ! Daprès ce que tu m'as dis, Dunlang, je puis conclure que l'homme-gris a vu juste ! Mais comment sait-il tout cela ? C'est insensé !
- Je t'ai laissé monter sur ma monture sans réfléchir, guerrier, mais je ne suis pas encore certain que tu ne vas pas me frapper dans le dos. Pourquoi refuses-tu de me dire comment tu es arrivé ici, ne serait-ce que pour me rassurer ?
- Eh bien! Voilà, cest à cause de la demone qui a décimé mon village et tuer tout les habitants ainsi que ma famille.
- J'ai compris, guerrier, et tu as un compte à régler avec cette demone. Regarde, là, en bas, devant toi ! Voici notre camp.
Eevin : - N'y retourne pas, Dunlang, si tu tiens à la vie ! N'y retourne pas !
Dunlang : - ... Qui... Eevin !
Eevin : - Ainsi tu ne m'as pas oubliée. Tu te souviens de moi, en étendant ses bras vers le cavalier. Part avec moi, suis-moi dans la forêt ombrageuse où les ans coulent comme des heures. Je t'en supplie, fuis avec moi, mon doux coeur.
Le cavalier serait dans ses bras la jeune femme.
Dunlang : - Eevin, mon ange, je sais que tu possèdes le don d'entrevoir l'avenir dans tes rêves mais le combat m'appelle, force m'est de répondre, même si un sort fatal me guette.
Eevin : - Alors, Dunlang, par le voile que mes songes parviennent à percer, tu n'es plus qu'un mort en sursis.
Ailleurs
Malachi : - Comment veux-tu que je songe à la guerre et aux stratégies, Kormlada, quand ta présence brûle mon corps et que ta beauté me fait perdre l'esprit ?
Kormlada : - Non
, tu sais qu'il ne nous reste guère de temps.
Malachi : - Je sais que je suis le commandant de la cavalerie et toi lépouse du chef Tomar.
Kormlada : - As-tu réfléchi à l'offre de mon mari ?
Malachi : - Oui ! Quand sera venu le moment crucial dans la bataille de demain, je retiendrai mes cavaliers de sorte que la victoire reviendra à Tomar. Mais j'exige davantage que des promesses de richesses pour le prix de ma trahison, je veux aussi le baiser d'une ensorceleuse !
Ainsi se séparait le futur traître et la très noble Kormlada. Pendant ce temps, Eevin et Dunlang...
Eeving : - Oui, Dunlang, je te répète ma sinistre prédiction ! Je t'ai vu mort dans mes rêves et encerclé par des guerriers en fureur. Toutefois, je t'ai apporté un présent que tu porteras au combat. Peut-être te sauvera-t-il mais mon coeur n'ose lespérer, en déposant le présent dans les mains du cavalier.
Dunlang : - Une cotte de maille en or ? Des mailles enchantées, j'en suis sûr, si je connais bien mon Eevin, dont la race était déjà ancienne quand cette terre était encore tout jeune. Bien que j'aie dédaigné les armures, je mettrai celle-ci pour te tranquilliser si ce n'est pour ma sécurité. Viens maintenant, Herik, il est temps de partir !
Eeving : - Fait attention, cher Dunlang, ne cherche pas à combattre en première ligne dans l'affrontement de demain car nos ennemis brûlent d'un féroce appétit de victoire !
Derrière Eevin, sous un aspect fantomatique, l'homme gris observait
Eeving : - Et je sens la mort grise planer autour de moi !
Un autre camp avait été dressé dans la verte forêt. Cétait celui des barbares dont le chef était le bouillant Tomar.
Tomar : - KORMLADA !
Kormlada : - Pourquoi hurler ainsi, mon époux ? Je rentre à peine de la mission que tu mas confié.
Tomar : - Parle donc vite ! Malachi retiendra-t-il ses cavaliers assurant ainsi mon triomphe, en serrant bien fort le poignet de sa femme ?
Kormlada : - Tu me fais mal, seigneur !
Tomar : - Je te briserai le poignet si tu ne le dis pas
Kormlada : - Il agira comme tu le lui as demandé.
Tomar : - Parfait, je savais que ce manant se laisserait acheter. Retourne maintenant à ta broderie, femme, en jetant à terre son épouse, je dois me préparer pour la bataille !
" Quand le combat aura été livré, je te transpercerai de ma dague, chien, et je ferai de Malachi mon général fantoche ! " , pense Kormlada.
Herik : -
mon foyer est loin, Dunlang, mais dis-moi à cause de quoi cette guerre a-t-elle commencé ?
Dunlang : - Le chef Tomar et notre chef Brian étaient déjà ennemis alors que tu nétais pas venu au monde, mon ami, mais voici justement la tente de Brian.
Dans la tente de Brian
Brian : - Dunlang ! Nous redoutions que notre capitaine favori na été capturé mais quest-ce que tu nous ramènes ?
Dunlang : - Sire, il sagit dun guerrier nommé Herik. Il est venu combattre pour notre cause.
Herik : - Jai juré de me battre pour une juste cause.
Brian : - Bien parlé. Loccasion dont tu rêves te sera donnée quand les doigts de laurore chasseront les ténèbres de la nuit.
Peu après, autour dun feu de camp, un homme sapprochait devant moi
Malachi : - Toi, guerrier, je suis Malachi, commandant de la cavalerie du chef Brian ! Brian ma demandé de veiller à ce que tu sois prêt pour le combat de demain, au cas où tu te battrais pour nous.
Herik : - Je ne me battrai pas pour vous, vil porcin, mais contre ceux que je hais et je le ferai selon ma méthode.
Malachi : - Tu oses minsulter, blanc-bec ? Si tu nétais pas sous la protection de Dunlang, je te
Herik : - Il y a une chose que tu peux faire pour moi
Fais de lair pour que je puisse mieux respirer, en souriant.
Malachi : - Je souhaite que tu tombes à premier dans la bataille
La nuit baignait dans une brume grise, aussi grise que le géant dont les paroles résonnaient encore à mes oreilles :
" Tu assisteras bientôt à la fin des chefs et pas seulement des chefs. "
Puis, quand laube teintait le ciel de blanc, les hommes se levaient, comme des fantômes, dans un cliquetis darmes.
Dunlang : - Une armure pour combattre un ennemi que je méprise. Comment une protection aussi ridicule pourrait-elle écarter de moi une mort qui me serait destinée ?
Herik : - Où est ton chef ? Quand prendra-t-il notre commandement ?
Dunlang : - Brian, nous commander ? Nous nous battons pour lui et non lui pour nous ! Il sortira de sa tente quand nous lui aurons acquis la victoire et pas avant !
Eeving : - Adieu donc, mon amour, si nous ne nous revoyons pas, en serrant Dunlang dans ses bras.
Dunlang : - Plus un mot, mon ange, nous rirons de nos craintes quand ce jour sachèvera !
Malachi montait sur son cheval et
Malachi : - CAVALIERS, EN AVANT ! Dunlang, rassemble tes guerriers parce que ces chiens se rapprochent.
Herik : - Cest ainsi que les vieux envoient les jeunes à la mort tandis quils se livrent à la débauche sous leur tente. Chez moi, nos chefs conduisent la charge eux-mêmes portant bien haut leur épée flamboyante.
Le perfide chef Tomar dédaignait, lui aussi, labri que lui offrait sa tente et il prenait la tête de sa horde sauvage.
Tomar : - POUR BORRI ! BORRI !
Herik : - Borri ? Quel est ce nom quils hurlent ? Et qui est ce démon brun qui excite les soldats ?
Dunlang : - Borri est le dieu de la guerre quils vénèrent, auquel sont offertes les âmes de ceux qui meurent au combat. Quant au diable vociférant qui précède nos ennemis, cest le chef Tomar, qui a envoyé plus dhommes à Borri quil ny a de cheveux sur sa tête. Mais les voilà qui chargent. Tiens-toi prêt, guerrier, car voici venu le jour où les rapaces se repaissent de sang humain !
Alors un cri sélevait jusquaux cieux tandis que deux armées déferlaient lune contre lautre. Il ny avait ni manuvre stratégique, ni charge de cavalerie et ni volées de flèches à bout dacier. Seulement quarante milles hommes à pied qui sélançaient dans un sauvage corps à corps. Dunlang ne songeait plus à la sombre prophétie dEevin tandis que les coups pleuvaient sur son armure qui les parait comme par magie.
Dunlang : - Herik ! Les sauvages se battent comme des démons à cause des menaces de mort proférées par Tomar contre les embusques. Hâte-toi daller trouver Malachi et presse le de faire donner la cavalerie, au nom du ciel !
Herik : - Cet homme est-il aveugle où son retard répond-il à quelque sombre plan, en regardant à lhorizon ?
Dunlang : - Nous ne le saurons jamais si tu restes là, les bras ballants. Va, mon ami !
Herik : - Jy vais mais cest bien parce que cest toi qui me le demandes bien que je préfère demeurer au cur du combat jusqu'à ce quune lame me transperce, en courant vers Malachi ! Malachi ! Dunlang timplore de charger immédiatement sinon nous sommes perdus.
Malachi : - Je refuse. Le temps nest pas encore venu. Jinterviendrais au moment opportun.
Je ne disais rien mais je plongeais mon regard dans les yeux fuyants du traître et le sondait peut-être jusqu'à l'âme à tel point que je voyais lignoble serpent de la trahison. Je retournais auprès de Dunlang.
Herik : - Dunlang ! Malachi chargera quand il estimera devoir le faire.
Dunlang : - Par les dieux ! Nous sommes trahis ! Que le diable emporte cette armure ! Je refuse de la porter plus longtemps, en enlevant son armure !
Dunlang : - Donnons lassaut comme des hommes et MOURoooooonns
!
Une main perfide, tenant une dague, frappait Dunlang par derrière.
- Jai poignardé le capitaine désormais la victoire est à nous !
* Se jette sur le sauvage. *
Herik : - Si nous devons être vaincus, lâche, tu ne seras pas la pour ten réjouir, en me jetant sur le sauvage ! Dunlang, appuie-toi sur moi, je te ramènerai à
Dunlang : - Non
dis seulement a Eevin
dis-lui
Le noble guerrier rendait lâme. Je hurlais ma douleur et ma rage. Je ne me battais plus par vengeance personnelle mais pour un souvenir, le souvenir dun ami qui emplissait mon cur et décuplé mes forces. Peu à peu, je transmettais mon ardeur aux troupes à tel point que ca lui redonnait la volonté de gagner quelle navait plus.
Tomar : - Maudit soit ce guerrier ! À cause de lui, il va me dépouiller de mon royaume et môter la vie ! Mais tout nest pas perdu si Brian meurt de ma main. Voici justement sa tente.
Eevin savait que plus jamais le soleil ne brillera pour elle parce quelle voyait larmure qui se trouvait par terre devant elle. Larmure quelle avait offerte à Dunlang.
Herik : - Le combat n'est pas terminé et Malachi na toujours pas bougé de la colline. Attends traître
attends encore quelques instants
parce que je vais te tuer.
Malachi mapercevait et
Malachi : - Vite mon cheval ! Mentendez-vous misérables !
Les hommes, effrayé par ma détermination, senfuyaient.
Malachi : - Non ! Ne partez pas ! Ne me laissez pas ! REVENEZ !
Je mapprochais lentement de Malachi en prenant tout mon temps. Pendant ce temps une dame passait à cote dEevin
Kormlada : - Ah ! Voyez cette femme qui pleure la mort de quelque guerrier débile. Jignore ce genre de faiblesse stupide. Bien que Tomar ait été vaincu, Malachi peut encore tirer honneur et profit de cette journée. Le voici justement, en voyant à lhorizon, mais qui
?
Malachi : - Parle, maudit guerrier, parle ! Pourquoi tu me suis sans un mot comme un loup à laffût ? Est-ce à cause de
?
Herik : - Tu as fait un pacte avec lennemi et tu mourras donc comme lui.
Malachi : - Tu prétends me tuer sous prétexte que jai fait un pacte avec lennemi ? Je vais téventrer avant que tu ne puisses
Je bondissais, telle une panthère, sur Malachi et frappait. Puis, je me détournais et méloignais sans bruit de la clairière sur laquelle la mort avait étendu son ombre.
Kormlada : - Le guerrier est vivant. Alors Malachi doit être
mort ! Avec lui meurent aussi les rêves que javais faits, les projets que javais mijoté
Non
! Je refuse que soient anéantis mes espoirs à cause de
Vis larve impuissante, vis mentends-tu, en tâtant le corps de Malachi, espérant trouver un souffle de vie ?
Seul le silence lui répondait. Cependant, dans le camp proche, deux hommes donnaient brutalement libre cours à leur haine quand
Brian : - Tomar ! Mais
où sont mes gardes ? Comment es-tu venu jusquici ?
Tomar : - Tes gardiens nont cure de ta personne, Brian, parce quils sont occupés à fêter leur grande victoire. Une victoire que tu ne partageras jamais parce que tu seras mort. Par Borri, se jetant sur Brian !
Brian : - Tu najouteras pas le sang de Brian à celui que tu offres à ton dieu guerrier, en esquivant.
Tomar : -- Borri est un dieu assoiffé dont la soif est insatiable. Il faut quil y ait des batailles pour étancher cette soif sinon il meurt.
Brian : - Eh bien ! Il boira pour la dernière fois quand jaurai scellé ta mort.
Peut-être serait-il étonné par la justesse de ses paroles parce que tandis quil livrait un farouche combat contre son ennemi dans les ultimes lueurs du crépuscule, une gigantesque forme grise se matérialisait et attendait
attendait
Brian : - Je vais maintenant, misérable, en plantant son épée dans le corps de Tomar tandis que Tomar faisait de même avec Brian.
Brian : - AAAIIIEEEEE !
Tomar : - ARRRRRGHHHHHH !
Brian : - Tomar, nous allons
Tomar : -
mourir tous les deux !
Le corps des deux hommes tombaient à terre inerte. Je mapprochais.
Herik : - Deux chefs ont péri aujourdhui, qui auraient du mourir depuis longtemps, de nombreuses femmes pleureront ce soir à cause de ceci.
Le soleil se couchait dans un sombre océan pourpre. De gros nuages se rassemblaient et descendaient, poussées et portées par ce vent, se détachant sur les lourdes nuées, chevauchaient des formes que je reconnais
Herik : - Les écuyères du massacre ! Accompagnées par lhomme-gris ! Je sais maintenant quil est Borri, le dieu nordique de la guerre ! Qui envoie pour la dernière fois ses messagères de la mort rassemblaient les âmes égarées, car, même les dieux doivent mourir quand leurs autels se fissurent et que leurs fidèles sont tous mort à cause de la lame impitoyable de la grande faucheuse.
Alors commençait le choix des âmes élues parmi les cris des héros agonisants et les hurlements des dieux déchus. Pourtant, si quelques âmes lançaient une clameur, les femelles aux lèvres sanglantes ne semblaient pas lentendre. Puis toujours silencieuses, les écuyères du massacre éperonnaient leurs blanches montures ailées qui sélançaient en haut vers les cieux et ouvraient à travers les brumes célestes un passage. Cependant, un guerrier à la chevelure brune soupirait à cause du souvenir des ultimes paroles de Borri.
- Tu assisteras bientôt à la chute des chefs. Et pas seulement des chefs, regardant disparaître Borri !
FIN
© 2002 Eric Perron
Commentaires